Maniaque de l’Armagnac

1. Syndicat

Rangez vos sabots de bois, vos patois et liqueurs aux bouchons collés par le temps et le sucre. Dépoussiérez tout cela. Le Bureau National Interprofessionnel de l’Armagnac (BNIA) fait peau neuve et apporte avec lui rock, jeunesse et qualité. Les spiritueux français se réveillent et se révèlent. Plus de 700 ans d’existence, des crus reconnus et des vieillissements d’exception. Des eaux-de-vie que les grands parents savaient apprécier à leur juste valeur et restaient pour les jeunes, ces digestifs qui font tousser et déraciner les cheveux. Aujourd’hui ces petites gouttes délicates reprennent leurs lettres de noblesse. Au sein du tout nouveau Syndicat, encore et bien en travaux, la mise en avant des engagements futurs du BNIA donne espoir. Espoir d’un patrimoine partagé avec les générations à venir, espoir d’un terroir plus présent et (re)connu en France. Une production de plus de 5 millions de bouteilles par an pour une consommation locale de 2 millions seulement. Du travail, encore. Au programme, dégustation d’armagnacs de la Maison Castarède, maison avec laquelle travaille le Syndicat – une parmi tant d’autres -, mise en avant de l’appellation, des projets d’avenir, de l’ambition du BNIA et découverte des premiers cocktails du Syndicat.

Dégustation donc de trois années de vieillissement :
– Armagnac Castarède Very Special (VS), 3 ans en fut de chêne de la région
– Armagnac Castarède 1994, 20 ans en fut de chêne de la région
– Armagnac Castarède 1974, 40 ans en fut de chêne de la région

Une montée en gamme et en puissance avec une forte appétence pour le 1974 qui se délecte avec délicatesse et facilité. Sa rondeur et douceur en bouche laisse le palais moins attaqué et la gorge moins sensible que le VS. Une bouteille de 1964 sur l’étalage aguiche l’assemblée.
L’armagnac se déguste facilement avec du salé que du sucré. Il est simple de l’apprécier avec un bleu d’auvergne où son coté gras se mélange parfaitement avec la force du spiritueux mais il se marie également très bien avec du foie gras sur toast de pain d’épices pour rester plus classique.

Dans le nouvel antre du spiritueux français nommé, comme vous avez pu le comprendre, Syndicat, les cocktails à base d’armagnac séduisent. Accueillis avec Le Smoking Car (Armagnac VSOP, Dry Curaçao, jus de citron jaune, fleur d’oranger et fumé à l’écorce d’oranges amères), le fond du verre se fait très vite présent. Un coté smoky qui envahit le nez et la bouche, pris d’assaut par le citron et calmé par la rondeur de l’armagnac associé à la fleur d’oranger en fond de bouche. Les shakers reprennent leur danse et c’est dans un même verre à sherry que le 1er Mai fait surface (Armagnac VS, Arbois savagnin, jus de citron jaune, sirop de pomme cannelle maison et blanc d’œuf). Tout comme son prédécesseur, la rondeur de l’armagnac en fond de bouche apporte douceur et longueur. Tel un gâteau de pommes chaudes, ce cocktail se déguste simplement. Le temps aidant, l’arrivée du froid va faire exploser l’armagnac qui produit l’effet d’une douceur cachemire ou d’une gorgée de boisson chaude.

Brandissons, nous ambassadeurs français, ce fanion des spiritueux tricolores. Buvons local, soyons chauvin et patriote. Jurons et levons nos verres pour mieux les vider par la suite. Sans abus bien sur, il parait que c’est mauvais pour la santé.

Bureau National Interprofessionnel de l’Armagnac
11, place de la Liberté 32800 Eauze
http://www.armagnac.fr/

Syndicat // Ouverture prochaine
51, rue du faubourg Saint Denis 75010 Paris
Métro Château D’Eau (L4)

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