La Maison P by Pernod

Maison P

Quartier de l’Opéra, rue de la Michodière, entre théâtres et bars, l’Hôtel du Duc et son portier. De larges escaliers de bois sombre pour une ascension qui menait ces deux derniers jours à la Maison P by Pernod. Un coffret parisien où scintillait les vasques sculptées des « eaux de vie » Pernod et du champagne Mumm. Place au design, au charme, à la dégustation et découverte de belles étiquettes.

Longeant le premier couloir au parquet craquant, une impression de « Dior J’adore » avec ces moulures et grandes portes en bois. Loin de finir nue en passant la première ouverture, la touche luxe se fait sentir. Pas de brouhaha, pas de chi-chi. La simplicité même. Détail parfaitement souligné par Martell et sa bouteille, seule, au milieu de la salle. What else? Du côté du Hunting Club, derrière une autre grande porte entre ouverte, les bois du cerf, les miches de pains et les bouteilles d’Aberlour habillent l’espace. Au menu, dégustation pairing avec des terrines de canard confectionnées et signées Alain Passard spécialement pour l’accord. Aberlour 15 ans avec une terrine aux herbes et moutarde, Aberlour 18 ans avec une terrine poivre et poire et Aberlour A’Bounadh avec une terrine aux épices. Un mariage très explosif sur le dernier, moins probant sur les deux autres.

Après un premier tour de piste écossais, on se faufile dans une autre pièce bleutée où Ballantine’s 12 est à l’honneur. Au bar, c’est Collins (4cl de Ballantine’s 12, 2cl de jus de citron jaune, 1,5cl de simple, un top d’eau gazeuse et un zeste de citron exprimé). Un cocktail frais et simple. Idéal pour un verre à la maison. Une paille mordillée, deux trois clichés, quelques mots échangés de-ci, de-la, et c’est parti pour le bar des amis.
Retour au début du XXième siècle avec les vieilles étiquettes dont raffolent nos mamies. Sur l’étale, Suze, Byrrh, Absinthe Pernod et un petit dernier, le 51 servis en piscine, aguichent. Suze en coup de cœur amer, les premières lampées iront pour le Yellow Suze Tonic (4cl de Suze, 2cl de crème de pêche, 8cl de tonic, 1 zeste de citron) pour s’achever sur un White Negroni (2cl de Plymouth Gin, 2cl de Suze, 2cl de Lillet). Simplicité toujours que l’on ramène avec plaisir jusqu’à chez soi pour le prochain apéro. Une fois la cour des anciens terminée, le bar de l’Hotel et ses fragrances brésiliennes se présente. Ballantine’s Brazil en Caipirina accompagné de pao de queijo et bolinas. Le coup de flash parfait pour sortir de 20’s avec l’image du limonadier aux envergures Chaumesques*. Plumes sur la tête, le bruit des glaçons rappellent les maracasses cariocas. Christo, où es-tu ? A ses cotés, Havana Club se fait plus discret et présente ses bitters à déguster en Old Fashioned revisité. Chacun ses goûts, confection au choix. Fin des festivités cocktails, il est temps de prendre de la hauteur avec les bulles. Mumm, prend place sur la mezzanine en salon cosy en proposant le Cordon Rouge 6 ans et le Brut. Une suggestion de la bulle sur des œufs brouillés lors d’un brunch. Appétant. Les portes sont désormais fermées. Maison P, ce fût un plaisir. Ce n’est qu’un au revoir et non un adieu, j’espère.

Hotel du Duc
Le 8 et 9 septembre 2015

*Sylvain Chomet, scénariste et réalisateur des Triplettes de Belleville, 2003

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